Notre histoire n’est pas unique. Au fil des ans, de nombreux champions nationaux ont brillé dans diverses épreuves, disciplines et catégories d’âge, et plusieurs d’entre eux sont restés amis pour la vie.
Comme la plupart des Canadiens dans notre jeunesse, nous rêvions tous de jouer un jour dans la LNH. Un jour, mon frère a invité des membres de notre équipe de hockey au club de canoë de West Rouge pour un entraînement hors saison. Le reste appartient à l’histoire. Le canoë est devenu une véritable passion. C’était à la fois une communauté, un club social et un club sportif. Un défi stimulant.
Pour beaucoup d’entre nous, notre première expérience aux championnats nationaux a eu lieu à Winnipeg en 1972, peu après nos débuts en canoë. Pendant un bref instant, nous avons cru avoir remporté une médaille de bronze, avant d’apprendre notre disqualification. Cela aurait pu en décourager plus d’un, mais la plupart de ces adolescents, un peu à la marge, sont revenus l’année suivante pour former une équipe junior masculine de canoë de guerre.
L’équipage ne comptait pas de véritables vedettes, enfin si, peut-être une : Steve Coupland, qui remporta la médaille d’argent en C1 junior en 1971, puis l’or dans la même épreuve en 1972.
1973 fut une année mémorable. Non seulement nous formions un équipage exceptionnel, mais je pense que la camaraderie nous a permis de remporter la victoire de justesse face à une solide équipe de Banook.

Cinquante ans ont passé depuis cette victoire, et l’amitié qui nous unit grâce à ces expériences partagées en 1973 nous réunit encore chaque année. On rit beaucoup, on se taquine et on se lance des piques amicales. Les souvenirs ont pris une dimension particulière, et nous nous racontons les mêmes histoires encore et encore comme si c’était la première fois. Avec enthousiasme, nous ajoutons des détails qui manquaient à la dernière version de notre exploit. On retombe vite dans nos vieilles habitudes et on recommence à s’appeler par nos anciens surnoms. Le mien ne figurera pas dans cet article.
Il ne fait aucun doute que le canoë-kayak demeure une part importante de la vie de nombre d’entre nous, ainsi que de celle de certains de nos enfants, et même de nos conjoints. Actifs sur l’eau comme à terre, on compte parmi nous des champions du monde de dragon boat, des officiels nationaux, des bénévoles, un entraîneur olympique et directeur de haute performance, des présidents de comités et même un ancien président de Canoë-Kayak Canada.
Tout cela n’aurait pas été possible sans ce jour où nous avons poussé la porte du club de canoë de West Rouge et rencontré notre mentor, Glen Benison, qui participe encore à des compétitions aujourd’hui. C’était un entraîneur et un ami formidable qui a su insuffler à une bande de gamins maigres un sentiment de fierté et un but, des valeurs qui nous animent encore aujourd’hui.
Au fil des ans, nous avons perdu quelques membres, mais nous ne les oublions pas. Reposez en paix, Randy et Jim. Parmi les 13 membres d’équipage restants, six à huit d’entre nous se retrouvent encore chaque année.
Notre 50e anniversaire n’a pas fait exception. À nos camarades dont les chemins se sont séparés, sachez que nous parlons encore de vous et que nous gardons un souvenir ému de votre absence… même si cela provoque quelques rires et taquineries amicales 😀

La devise de l’Association canadienne de canoë / Canoë-Kayak Canada est « Per aqua ad fraternitatem » (Par l’eau, vers l’amitié), et elle n’a jamais été aussi vraie que lors de nos débuts dans ce sport extraordinaire et de la chance que nous avons eue de nouer une amitié indéfectible avec ce groupe formidable. Merci pour votre amitié et merci pour tous ces souvenirs.
Écrit et soumis par Graham Barton.